Enseignement – recherche

Enseignement supérieur

Le Mémorial s'associe à l'Université de Caen Normandie pour encourager l'enseignement de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et la formation à la recherche sur cette thématique, notamment au niveau licence, master et doctorat. Il accueille ou co-organise des séminaires de recherche, des journées d'étude et des colloques scientifiques.

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Mémoires des massacres du XXe siècle. Colloque.

Le colloque s'est déroulé du 22 au 24 novembre 2017. Vous trouverez ci-dessous quelques résumés d'interventions.

Programme du colloque

Conférence inaugurale d'Abram de Swaan : "Les auteurs d'exactions vus par les détenus : témoignage néerlandais".

Dans son livre Diviser pour tuer. Les régimes génocidaires et leurs hommes de main (Seuil, 2016), Abram de Swaan conclut par cette phrase : « Les meurtriers de masse sont eux aussi des êtres humains, même s’ils se différencient et se distinguent des autres à bien des égards. »

La communication d’Abram de Swaan revient sur cette phrase qu’il analyse à partir des diverses exterminations du XXe siècle décrites dans son livre comme des processus de « cloisonnement » pouvant entraîner une annihilation massive. Si les exterminations s’inscrivent systématiquement dans un contexte de cloisonnement, elles peuvent en revêtir quatre formes différentes : la « frénésie des vainqueurs » ; la « loi de la terreur » ; le « triomphe du vaincu » et les « mégapogromes ».

Abram de Swaan est convaincu de la nécessité d’établir une comparaison entre les génocides, afin de permettre à la recherche d’en présenter les similarités et les différences. Parmi ces similarités, figure le fait qu’ils ont souvent été décrits comme perpétrés par des « personnes ordinaires »....

 

Abram de Swan va tenter de comprendre ce que renferme cette expression, et de comprendre qui sont ces « personnes ordinaires », acteurs d’une « barbarie extraordinaire ». Bourreaux dont l’historien constate qu’ils sont rarement évoqués par les victimes et les rescapés. A travers quelques exemples, A. de Swaan analyse le vocabulaire utilisé par les rescapés et les sentiments de haine ou de vengeance présents ou non dans ces témoignages. Les notions de châtiments, de revanche ou de justice, sont-ils présents dans la littérature concentrationnaire ?

S’appuyant sur des témoignages, A. de Swaan écrit qu’il trouve « profondément ironique que ceux qui ont été victimes éprouvent par leurs pensées la culpabilité que leurs bourreaux auraient dû ressentir pour leurs actes. » En excluant la haine de leur récit, les victimes ne font-elles qu’éviter à tout prix d’avoir quelque chose en commun avec les auteurs de génocide ?

A. de Swan revient aussi sur une autre confusion qui, à ses yeux, consiste à penser que « le pardon est noble et rend meilleur ». Abram de Swaan tente donc par cette communication de comprendre si ces « hommes ordinaires » ont été « diabolisés » par les victimes dans leurs témoignages. Demeure au terme de cette intervention la question essentielle que l’on peut toutes et tous se poser : « Pouvons-nous établir avec certitude QUI peut ou non se transformer en assassin dans des circonstances catastrophiques ? » 

 

« Les veuves du massacre d’Ascq : mémoires et silences » par Jean-Paul Barrière

Le massacre d’Ascq du 1er au 2 avril 1944 (86 morts exécutés par les SS) a laissé évidemment veuves et orphelins et fait l’objet d’un mémorial local. Après le vote de la loi dite « Ascq-Oradour » (1948) qui institue pour tous les membres de ces groupes armés la « responsabilité collective », le procès intenté en 1949 aux responsables survivants présumés du massacre ravive ou révèle les douleurs, les mots et les silences de leurs victimes indirectes. Encore plus intéressante pour les rejeux mémoriels, sous influence religieuse, est l’attitude de ces dernières lorsque l’abbé Welch demande ensuite aux veuves d’accorder leur grâce, ce qu’une partie d’entre elles consent. Les condamnés à mort sont d’ailleurs graciés en 1955 par René Coty et leur peine commuée en travaux forcés.

La contribution cherche à explorer en moyenne durée, non la vision surplombante des autorités politiques ou religieuses, mais les facettes mémorielles ressenties, transmises ou enfouies par les veuves des victimes, dans leurs contradictions et leurs non-dits.  Introduisant une lecture genrée, elle met en évidence les silences des sources et des proches des massacrés et l’éventail des enjeux mémoriels, explicites ou latents, en contexte.

Ainsi, comment les remariages, tolérés, encouragés ou réprouvés, pèsent-ils sur l’impensé des familles ? Qu’en perçoivent leurs enfants, qu’ils soient ou non issus de couples recomposés ? Même ceux qui acceptent de parler et dont le remariage maternel a été approuvé par la famille du mari défunt ou qui se situent dans un catholicisme social militant favorable au remariage, ont du mal à s’exprimer sur ce point ; ils déconseillent d’interroger leurs proches : douleur du souvenir, certes, mais aussi remariages plus ou moins réussis qui font peser le soupçon d’infidélité au défunt.

La contribution repose sur une typologie détaillée des personnes concernées, permettant de situer leur profil socioculturel, sur les archives judiciaires du procès, sur des témoignages, notamment celui, exceptionnel, d’un enfant de massacré, M. Leclercq, pilier du mémorial d’Ascq.

 

« Les représentations antithétiques des massacres de Volhynie 1943 » par Nadine Fonta

De 1942 à 1944, des milliers de Polonais sont massacrés en Volhynie par des nationalistes de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Depuis, Polonais et Ukrainiens s’accusent mutuellement de la responsabilité du massacre. Nadine Fonta analyse la géo-histoire des mémoires polono-ukrainiennes et la confrontation des deux politiques historiques.

Parmi les thèmes de ces deux récits nationaux, qui ne concordent pas, figure la question de la reconnaissance de ces massacres comme relevant d’un génocide ou non. Si initialement, le terme d’« abattage » est employé, c’est pour faire référence aux méthodes de mises à mort utilisé par les membres de l’UPA à l’aide de haches, fourches et faux mais sans armes à feu. S’appuyant sur des témoignages recueillis depuis plus de 20 ans et les comparant aux définitions des différents types de violences faites aux civils dans les textes onusiens, s’est développé chez certains historiens polonais l’argumentaire du génocide des Polonais par les Ukrainiens mobilisés par l’UPA.

En effet, dès l’attaque allemande de septembre 1939, des responsables nationalistes ukrainiens comme Bandera, aujourd’hui célébré en héros dans le pays, planifient l’épuration ethnique des polonais de Volhynie interrompu qu’après l’invasion soviétique de la région. Cette épuration ethnique atteint son paroxysme en juillet 1943 avec 520 villages et hameaux assiégés et 10 à 11 000 de Polonais tués.

En 2013, lors du 70ème anniversaire des massacres, les sénateurs polonais conservateurs réclament par vote la qualification des massacres en génocide. Mais la majorité ne retient que la notion de « nettoyage ethnique, ayant les caractéristiques d'un génocide ».  En 2016, disposant d’une large majorité dans les deux chambres, la Pologne légalise une « Journée nationale du souvenir des victimes du génocide commis par les nationalistes ukrainiens sur les citoyens de la deuxième République polonaise », fixée au 11 juillet. La responsabilité de l’UPA est dénoncée officiellement en juillet 2017, à Gdańsk, au monument du souvenir aux victimes de l'extermination de la population polonaise en Volhynie.  

Nadine Fonta démontre ensuite comment l’État ukrainien a réagi et quels textes législatifs ont été adoptés pour orienter sa politique historique dans le sens d’une détermination sans faille à prouver l’innocence de l’UPA et de l’Ukraine dans les massacres. Ainsi, en avril 2015, le Parlement adopte la loi sur « le respect de la mémoire des participants de la lutte pour l'indépendance de l'Ukraine au XXe siècle » et le 14 octobre est déclaré « Journée des défenseurs de la patrie ». Gestes interprétés comme révisionnistes et négationnistes par des Polonais qui accusent ces historiens ukrainiens de minimiser les massacres requalifiés en « tragédie » lors du second conflit polono-ukrainien. Dans ce discours, tous les morts, polonais comme ukrainiens, auraient été victimes de crimes de guerre entre deux nations luttant pour posséder le même territoire. Si les Ukrainiens furent si violents, c’étaient poussés par le ressentiment vis à vis du gouvernement de la IIème République polonaise qui avait été injuste envers la minorité ukrainienne. Est mis en doute le nombre élevé de victimes polonaises et le silence de la Pologne sur des crimes similaires commis par les forces polonaises contre des villages ukrainiens est dénoncé. Déclarations ayant engendré une crise diplomatique que Nadine Fonta décrit dans la fin de sa communication en tentant d’évoquer les pistes possibles en vue d’une mémoire apaisée entre les deux Etats.

 

« Les Soviétiques et le procès de Coblence (1962-1963) : enjeux politiques, diplomatiques et mémoriels d’une campagne de propagande » par Vanessa Voisin

Le 15 octobre 1962 s’ouvre à Coblence le procès de douze criminels contre l’humanité ayant échappé aux tribunaux alliés de l’immédiat après-guerre. Le procès se prolonge jusqu’en juin 1963. L’URSS est bien décidée à exploiter l’affaire mettant en cause un ex-gradé SS, Georg Heuser, devenu sous Adenauer chef de la police criminelle du Land de Rhénanie-Palatinat. De plus, la ligne suivie par l’accusation permet à l’URSS de mettre en avant les souffrances endurées par sa république la plus dévastée durant la Seconde Guerre mondiale, la Biélorussie, qui disposait d’une délégation à l’ONU.

Ce procès, qui s’inscrit dans un contexte de guerre froide, se déroule à un moment charnière du « traitement du passé » nazi en Allemagne fédérale. L’Office fédéral chargé des enquêtes sur les crimes nazis levant enfin le voile sur les crimes du IIIe Reich. Il correspond aussi à un moment de l’histoire politique et mémorielle de l’URSS où le récit officiel sur la « Grande Guerre patriotique » fait l’objet d’une renégociation par le pouvoir politique qui profite du Dégel pour faire entendre ses revendications.

Les crimes, avec méthodes de mise à mort horribles, imputés aux accusés sont dépeints avec minutie. En octobre 1962, le tribunal évoque 70 000 victimes à Minsk, chiffre évalué à 180 000, en avril, pour atteindre le million dans la propagande soviétique. L’« opération 1005 », lancée dès la fin 1942 pour effacer les traces des crimes nazis est également évoquée, ainsi que la facilité avec laquelle les accusés ont échappé à la justice après la guerre.

Avec ce procès, Moscou cherche une accusation à renvoyer au visage de ses nombreux détracteurs, sur le plan du respect des droits de l'homme. L'un des procédés couramment usités par la propagande consistant à opposer l'impunité de ces traîtres-criminels de guerre à l'Ouest aux procès tenus en URSS. L'Union soviétique se présente comme mue par une volonté de vérité et de justice face à un gouvernement ouest-allemand manipulé par de mystérieux ennemis de la vérité et de la justice.

Néanmoins, le procès a permis de réunir pour la première fois, un corpus de preuves, archives et témoignages des victimes comme des bourreaux, rassemblés en un « livre brun ». Il a aussi permis quelques changements en URSS. L’apparition du terme “nazisme” en complément du terme “fascisme” exclusivement employé auparavant. La qualification juridique de « crimes contre l’humanité » qui se diffuse dans la propagande soviétique. L’importance donnée au génocide des Juifs souvent ramené jusqu’alors à la tragédie globale endurée par « les peuples de l’URSS » en 1941-1945. L’URSS prend conscience de la place du génocide des Juifs en percevant bien que les débats en Occident au sujet des criminels nazis tournent autour de la Shoah plutôt qu’autour de l’extermination des prisonniers de guerre ou civils soviétiques.

 

« La commémoration des villages brûlés pendant la Seconde Guerre mondiale : analyse comparée d’une mémoire victimaire en Europe » par Alexandra Goujon
 

Alexandra Goujon commence par rappeler que l’origine des incendies de villages, comme technique contre-insurrectionnelle, est une méthode utilisée par l’armée prussienne dès la guerre de 1870-71. Dès juin 1941, cette technique s’amplifie de façon brutale et criminelle en raison de l’idéologie nazie qui associe sa guerre à un combat contre le judéo-bolchevisme auquel s’ajoute un racisme anti-slave. Méthode que l’on retrouve en France à l’encontre d’Oradour-sur-Glane et de Maillé, appelés dès la libération « villages martyrs ». Alors qu’en URSS, puis dans l’époque post-soviétique, on emploie les expressions « villages brûlés » ou « villages victimes du fascisme ».

L’étude compare les villages de Maillé en France et Katyn en Biélorussie. Deux villages ayant subi le même sort avec un nombre quasi similaires de morts mais avec une politique mémorielle radicalement différente entre pays ou au sein d’un même pays. C’est le cas entre Maillé et Oradour-sur-Glane, où la mémoire du massacre commis dans ce dernier village a fini par faire tomber dans un oubli l’autre village. Il faut attendre 2008 et la venue de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, pour que Maillé sorte de l’ombre.

En URSS, la mémoire des villages brûlés se structure tardivement, après l’arrivée au pouvoir de Brejnev, au milieu des années 1960. Le complexe mémoriel de Katyn s’impose alors comme le pendant d’Oradour-sur-Glane en Europe occidentale. Tandis qu’en Ukraine, il faut attendre 1980 pour que le Premier secrétaire du Parti communiste d’URSS inaugure à Kortelisy un monument en mettant l’accent, comme à Maillé, sur la renaissance du village. Cependant, après la fin de l’URSS, Kortelisy ne connaîtra jamais la même popularité que Katyn, tel Oradour-sur-Glane par rapport à Maillé.

Avec la chute de l’URSS, la commémoration des villages brûlés s’efface progressivement face aux révélations publiques des crimes du stalinisme. Mais avec l’indépendance de la Biélorussie, la politique mémorielle devient un enjeu exclusif de l’Etat. Le complexe mémoriel de Katyn est alors intégré à la politique mémorielle du Président Loukachenko. Le discours officiel n’hésite pas à parler de « génocide du peuple biélorusse ». Il y a une instrumentalisation politique d’une concurrence numéraire entre victimes slaves et victimes juives.

Enfin A. Goujon explique en quoi la commémoration des villages brûlés est devenue une ressource politique du présent. Ainsi, le massacre de Maillé est requalifié en crime contre l’Humanité qui induit une autre place des victimes désormais présentées en position de sacrifiées : les habitants ont été tués car ils représentent la condition humaine davantage que la défense de la patrie à laquelle sont assimilés les résistants.

Ce discours universaliste, relatif aux droits de l’Homme, est absent à Katyn où l’Etat utilise le massacre pour stigmatiser les ennemis politiques d’hier et d’aujourd’hui. Discours auquel la population peut s’identifier en raison de l’isolement menés à l’égard de la Biélorussie par les Etats occidentaux qui condamnent le régime autoritaire de Loukachenko. 

Cette étude montre que si la mémoire officielle des villages martyrs de la Seconde Guerre mondiale présente des similarités entre la France et la Biélorussie, la victimisation diffère d’un pays à l’autre.

 

 

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Traces de guerre - Séminaire Seconde Guerre mondiale

Séminaire de recherche sous la direction de Gaël Eismann et de François Rouquet
UFR Humanités et sciences sociales
Année universitaire 2017-2018

18 octobre 2017

Le débarquement du 6 juin 1944 : histoire et représentation


Benoit Labbey, ingénieur d'étude (CRHQ, université de Caen)
Jean-Luc leleu, ingénieur de recherche (CNRS/MRSH Caen)
Françoise Passera, ingénieure d'étude (CRHQ, université de Caen)

En collaboration avec l'université de Paris I (SIRICE) et l'université de Rouen (GRHis)

 

22 novembre 2017

Colloque "Mémoires des massacres du XXe siècle" / au Mémorial de Caen

 

6 décembre 2017

Trajectoires de mathématiciens français pendant l'Occupation / au Mémorial de Caen

Christophe Eckes, maître de conférences en histoire des mathématiques (LHSP - Archives Henri-Poincaré, université de Lorraine)

 

17 janvier 2018

Editer "Mein Kampf" / à la MRSH Université de Caen campus 1

Florent Brayard, directeur de recherche (CNRS/EHESS)

 

Editer l'agenda d'Heinrich Himmler / à la MRSH Université de Caen campus 1

Jean-Luc leleu, ingénieur de recherche (CNRS/MRSH Caen)

 

21 février 2018

Les Français et l'épuration (1940-2017) : pour une "histoire d'en bas" / au Mémorial de Caen
 

François Rouquet, professeur d'histoire contemporaine (CRHQ, université de Caen)

Fabrice Virgili, directeur de recherche (CNRS/SIRICE, université de Paris I)

 

4 avril 2018

Présentation des travaux des étudiants / au Mémorial de Caen
 

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Les aspects médico-sociaux de la déportation

Journée d'étude des 8 et 9 mars 2017 organisée en partenariat avec la Fondation de la Mémoire de la Déportation, la MRSH, le CRHQ et l'Université de Caen.

Que sait-on du retour des déportés ? Comment s’est-il déroulé et comment a-t-il été organisé ? Comment avait-il été prévu par les autorités ? Comment s’est-il passé dans la réalité ?
De quelles archives disposons-nous pour travailler et éclairer ces questions ? Quels souvenirs les rapatriés gardent-ils de ces formalités ? Comment ces personnes ont-elles pu se construire et vivre après une telle expérience ? Comment ce traumatisme de la déportation a-t-il pu avoir des répercussions sur leurs descendants et comment ces descendants ont-ils été influencés par la déportation de leur parent(s) ?

Témoignages

EGO 1939-1945

La base de données ÉGO 39-45 se propose de recenser, de façon la plus exhaustive possible, les témoignages publiés portant sur la France et les Français dans la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à nos jours.
Pour de plus amples informations sur le projet, consulter EGO 1939-1945

Victimes civiles en Normandie 1944-1945 / Recensement

Cette base de données recense de façon exhaustive l’ensemble des victimes civiles tuées lors des opérations militaires liées au Débarquement et à la Bataille de Normandie.
Pour de plus amples informations sur la constitution du corpus, voir le site.

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