Enseignement – recherche

Enseignement supérieur

Le Mémorial s'associe à l'Université de Caen Normandie pour encourager l'enseignement de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et la formation à la recherche sur cette thématique, notamment au niveau licence, master et doctorat. Il accueille ou co-organise des séminaires de recherche, des journées d'étude et des colloques scientifiques.

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Regards croisés sur le jeu à travers les âges. Colloque 13-14 octobre 2017

Le programme du colloque sera disponible en septembre.

 

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La constitution matérielle de l'Europe. Colloque 12-13 octobre 2017

Après le « non » aux référendums de 2005, le traité de Lisbonne a tenu lieu de « constitution européenne ». Aujourd'hui avec le Brexit, c'est bien l'appartenance formelle des Britanniques à l'Union Européenne qui est en jeu. Pourtant, le régime effectif de l'Europe excède très largement son cadre formel. Il se caractérise par un ensemble de glissements institutionnels inscrits et non-inscrits dans les traités et par une division des pouvoirs, dont certains ont la propriété remarquable d’être en partie seulement visibles et institutionnellement légitimés. La géométrie du «système» des Etats européens inclut son rapport à d'autres structures (comme l'Otan ou l'eurozone) ainsi qu'à des corps politiques non étatiques (les autorités indépendantes, les lobbies, les fonds d'investissements, etc.).

 

Ce colloque a pour but de définir, pour l'Europe, ce que, dans les années 1930, les historiens Otto Hintze et Otto Brunner appelaient la Verfassung (par opposition à la Konstitution) ou ce que le constitutionnaliste italien Constantino Mortati nommait la « constitution au sens matériel » (La costituzione in senso materiale, 1940) : non pas une constitution issue d'un pouvoir constituant, mais un ordre concret inscrit dans un territoire.

Comment définir le diagramme des rapports entre « pouvoir de fait » et « pouvoir légitime », entre Herrschaft et Macht, au sein de l'Union européenne ? Comment décrire l'ordre spatial européen, son régime des frontières et l'inégalité des territoires  ?

Comment penser les impasses actuelles de la construction européenne ? Quelles voies reste-t-il pour démocratiser l'Europe ? Est-il possible d'édifier une quasi-fédération européenne afin de « compléter » la construction de la monnaie (ou de « réparer » le défaut de sa constitution originelle) en instituant une souveraineté européenne analogue à celle d’un Etat, comme le souhaite Habermas ? Ou faut-il penser avec Dieter Grimm (Die Zukunft der Verfassung, 1991) que le processus de « déformalisation » du droit et de l’État est trop avancé, et que, dans la  mesure même où l’Etat partage son pouvoir avec des acteurs « privés », la constitution devient un système partiel, un sous-système ?

Philosophes, juristes, économistes et politistes sont invités à réfléchir ensemble à ces questions. Ce qui suppose à la fois d'enquêter sur  les dynamiques historiques et structurales concrètes qui caractérisent l’histoire du droit public de l’Etat sur le continent européen, comme le faisaient en leur temps Otto Brunner, Otto Hintze ou Constantino Mortati, mais aussi d'affronter les questions économiques et juridiques comme des questions directement politiques.

Colloque organisé par Céline Jouin, maître de conférences en philosophie et EA 21/29, "Identité et subjectivité". Université de Caen-Normandie.

 

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Mémoires des massacres du XXe siècle. Colloque 22-24 novembre 2017

Le programme du colloque sera disponible en septembre.

 

Du massacre des Herero perpétré en 1904, en Namibie par l’armée coloniale allemande à ceux des années 1990, des Tutsis au Rwanda par les Hutus ou des Bosniaques musulmans de Srebrenica par l’armée serbe, l’horreur de la mort de masse innerve le XXe siècle. Récurrence des massacres des Balkans depuis 1913, extermination des Arméniens durant la Première Guerre mondiale ou des Grecs anatoliens au début des années 1920 par les troupes ottomanes, terreurs, famines programmées et grandes purges de la Russie soviétique des années 1930, massacres japonais en Chine et notamment à Nankin, extermination des Juifs et  des Tziganes par l’Allemagne nazie et guerre d’anéantissement à l’Est durant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi nettoyages ethniques ou crimes des guerres civiles qui suivirent le retour à la paix, massacres de la décolonisation et de la Guerre froide, éliminations de masse en Chine lors de la révolution culturelle, épuration au Cambodge devenu Kampuchea démocratique, … on sait que depuis 2008, le recensement de ces phénomènes mortifères a été en grande partie consigné, à l’initiative de Jacques Sémelin, dans une encyclopédie en ligne (http://www.massviolence.org/)

Soulignons que le présent colloque entend s’attacher aux seules mémoires des massacres et non aux massacres eux-mêmes, en privilégiant la perception qu’en ont eu et/ou qu’en ont encore les sociétés, à travers leurs instances officielles mais sans négliger le point de vue “d’en bas” et les manifestations populaires qui y sont liées. Cette dimension est importante dans la mesure où elle implique d’intégrer la mémoire de phénomènes mortifères massifs comme par exemple les bombardements stratégiques des villes durant la Seconde Guerre mondiale dont certains ont pu être vécus comme crimes de masse par une partie de leurs survivants ou par les descendants de leurs victimes. Ce choix invite également à dissocier l’ampleur des crimes étudiés et leur mise en mémoire et pose de nombreuses questions ou offre des lignes de réflexion notamment en rapport avec les thématiques suivantes : 

 

Massacres et mémoires

On pourra s’interroger tout d’abord sur l’identification ou l’efficience en mémoire de la dimension “massive” du crime. Dans l’espace mémoriel, donc collectif comme invitait à le penser Maurice Halbwachs, quand commence le massacre et quand cette conscience collective apparaît-elle ? Si la question des chiffres constitue un enjeu évident entre victimes et bourreaux (ou acteurs), est-il possible de définir des effets de seuil ou des critères symboliques caractérisant le phénomène ? La nature des faits eux-mêmes, et ce qu’il est convenu d’appeler les surviolences, influence-t-elle la qualification mémorielle des faits ? Ces questions et leurs corollaires pourraient être résumées de la façon suivante : quelle nature des faits pour quelle mise en mémoire ? On privilégiera dans un souci d’équilibre les études des cas les moins connus ou les moins étudiés.

 

Les mémoires et les mots

Les morts de masse par la famine en Ukraine ou celles des Juifs dans les chambres à gaz génèrent des discours et des transmissions différents définis par les mots qui sont au centre des enjeux mémoriels : crimes de masse ou massacres collectifs (ou de masse), génocide, appropriation en forme de revendication d’unicité spécifique dans l’évolution de la mémoire juive (holocauste, Shoah), ethnicides, nettoyages ou épurations ethniques, bombardements “stratégiques” éludant le massacre de civils… Les mots portent les mémoires dont ils sont les signifiants mortifères. Ils agencent celles-ci selon les nécessités sociopolitiques du présent et sont souvent les signes constitutifs de leur instrumentalisation.

 

Les mémoires amplifiées ou amputées 

Les crimes de masse peuvent aussi s’inventer ou s’amplifier et trouver dans l’imaginaire des vérités sans fondement. Ainsi en va-t-il de certaines dénominations tendant à exagérer les faits pour mieux servir des intérêts du moment. La formule “épuration sauvage” par exemple, apparaît en France dans les années 1980 pour évoquer, à rebours de tous les comptages scientifiques, les morts dus aux exactions lors de la Libération en 1944. Au-delà de la rigueur des chiffres, certains massacres qui n’ont pourtant rien de comparable en proportion avec ce qu’il est convenu d’appeler “crimes de masse”, peuvent cependant être revendiqués comme tels dans les (re)constructions mémorielles partisanes ou sous l’emprise d’influences “héroïcovictimaires”. À l’inverse, on pourrait s’interroger sur les conditions particulières ayant empêché ou empêchant encore l’émergence publique de crimes de masse inconnus ou mal connus.

 

Mémoires conflictuelles 

Concurrents et/ou conflictuels,—leur développement indique le plus souvent qu’il le sont à un moment ou à un autre—, les processus mémoriels des crimes de masse se caractérisent, selon les points de vue ou les parties, par l’affirmation ou le silence, la revendication ou le déni. Leur complexité augmente encore lorsque les groupes sociaux ou ethniques s’avèrent, souvent par esprit de représailles, successivement bourreaux et victimes. Les mémoires sont otages de l’oubli, enfouies, endormies, réveillées puis émergentes, contestées puis reconnues et légitimées. Rhizome émotionnel des sociétés, chaque traumatisme collectif connaît dans sa mise en mémoire une forme d’autonomie tant il est soumis aux multiples enjeux du temps présent. Nous nous attacherons ici tout particulièrement aux travaux tendant à historiciser ces phénomènes en les replaçant dans leur contexte. 

 

Les lieux de mémoire : 

Les musées, les mémoriaux et autres monuments commémoratifs constituent naturellement des indicateurs précieux tout comme le débat social entourant leur genèse. Il en va de même pour leur usage public et les différentes justifications officielles ou officieuses prônant leur nécessaire fréquentation (cf. le débat autour le la visite à Auschwitz), leur réception et le sens que l’on peut donner à leur niveau de fréquentation. Indicateurs de mémoire, ces lieux évoluent et, le temps passant, on constate un glissement fréquent de leur identité, le plus souvent de la guerre à la paix. Ces lieux (ces totems ?) sont parfois trace de l’évolution de la demande sociale ou signe d’un changement de l’usage politique du passé. Leur mutation de musée de la guerre en musée de la paix est souvent signe, le temps de la colère et de la récrimination passant, d’un premier pas vers la réconciliation avec l’ancien agresseur. Ainsi pourrait-on poser la question de savoir qui souffre de la guerre dans les musées ? L’exemple fourni par les musées japonais (environ 3,1 M de morts japonais pour environ 20 M de victimes de la guerre d’agression) permet de saisir la pluralité des postures locale/régionale devenant source de confusion ou de flou entre victimes civiles et victimes de l’armée impériale.

Parmi les lieux de mémoire, figure également la production artistique laquelle ne saurait être négligée tant les crimes de masses ont été une source d’inspiration/fascination des arts graphique, ou littéraire, de la poésie, du cinéma, du théâtre... L’étude de ces œuvres est d’autant plus intéressante que leur réception publique ou critique transcrit l’état de l’opinion, réveille les consciences, déclenche ou réactive le débat social et constitue en cela une formidable chambre de résonnance mémorielle.

 

La mémoire judiciaire des massacres : les procès

On pourra également s’attacher à ces marqueurs importants que sont les procès, régénérateurs du débat social en même temps qu’ils établissent une forme de bilan de la situation mémorielle d’une société à un moment donné. Lorsqu’ils entrent en conjonction avec des luttes montantes, les procès peuvent contribuer à l’émergence d’autres mémoires comme, par exemple, celle dite “genrée”, liée aux viols et aux exactions envers les femmes de réconfort en Asie, qui donnèrent lieu après la 4e conférence des femmes de l’ONU à Pékin en 1995, au Tribunal international des femmes sur l’esclavage sexuel à Tokyo cinq ans plus tard. Enfin, la question des réparations et le processus généralement long qui y mène peuvent être naturellement objet d’étude. Ici s’achève généralement le cheminement toujours long vers la reconnaissance des faits par ceux qui les ont commis, avant que résilience et réconciliation n’estompent la mémoire des crimes, rarement jusqu’à l’oubli.

 

Comité scientifique (provisoire)

  1. Eismann (UCN), S. Grimaldi (Mémorial de Caen), J-L Leleu (MRSH Caen), M. Lucken (INALCO), S.Martens (IHA), D. Peschanski (CNRS), F. Rouquet (UCN), J. Sémelin (CNRS), F. Virgili (CNRS), A. Wieviorka (CNRS)

 

Conditions de soumission : la préférence sera accordée aux études historiques ou non faisant ressortir de nouvelles perspectives ou champs d’étude. Les propositions, en français ou en anglais, doivent prendre la forme d’un résumé de 300 mots accompagné d’un CV d’une page et nous parvenir adressées à francois.rouquet@unicaen.fr

 

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Traces de guerre - Séminaire Seconde Guerre mondiale

Séminaire sous la direction de Gaël Eismann et François Rouquet
UFR Humanités et sciences sociales
Année universitaire 2017-2018

18 octobre 2017

Le débarquement du 6 juin 1944 : histoire et représentation


Benoit Labbey, ingénieur d'étude (CRHQ, université de Caen)
Jean-Luc leleu, ingénieur de recherche (CNRS/MRSH Caen)
Françoise Passera, ingénieure d'étude (CRHQ, université de Caen)

en collaboration avec l'université de Paris I (SIRICE) et l'université de Rouen (GRHis)

 

22 novembre 2017

Colloque "Mémoires des massacres du XXe siècle"

 

6 décembre 2017

Trajectoires de mathématiciens français pendant l'Occupation

Christophe Eckes, maître de conférences en histoire des mathématiques (LHSP - Archives Henri-Poincaré, université de Lorraine)

 

17 janvier 2018

Editer "Mein Kampf"

Florent Brayard, directeur de recherche (CNRS/EHESS)

 

Editer l'agenda d'Heinrich Himmler

Jean-Luc leleu, ingénieur de recherche (CNRS/MRSH Caen)

 

21 février 2018

Les Français et l'épuration (1940-2017) : pour une "histoire d'en bas"
 

François Rouquet, professeur d'histoire contemporaine (CRHQ, université de Caen)

Fabrice Virgili, directeur de recherche (CNRS/SIRICE, université de Paris I)

 

4 avril 2018

Présentation des travaux des étudiants

 

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Les aspects médico-sociaux de la déportation

Journée d'étude des 8 et 9 mars 2017 organisée en partenariat avec la Fondation de la Mémoire de la Déportation, la MRSH, le CRHQ et l'Université de Caen.

Que sait-on du retour des déportés ? Comment s’est-il déroulé et comment a-t-il été organisé ? Comment avait-il été prévu par les autorités ? Comment s’est-il passé dans la réalité ?
De quelles archives disposons-nous pour travailler et éclairer ces questions ? Quels souvenirs les rapatriés gardent-ils de ces formalités ? Comment ces personnes ont-elles pu se construire et vivre après une telle expérience ? Comment ce traumatisme de la déportation a-t-il pu avoir des répercussions sur leurs descendants et comment ces descendants ont-ils été influencés par la déportation de leur parent(s) ?

Témoignages

 

 

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EGO 1939-1945

La base de données ÉGO 39-45 se propose de recenser, de façon la plus exhaustive possible, les témoignages publiés portant sur la France et les Français dans la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à nos jours.
Pour de plus amples informations sur le projet, consulter EGO 1939-1945

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Victimes civiles en Normandie 1944-1945 / Recensement

Cette base de données recense de façon exhaustive l’ensemble des victimes civiles tuées lors des opérations militaires liées au Débarquement et à la Bataille de Normandie.
Pour de plus amples informations sur la constitution du corpus, voir le site.

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