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Le bunker souterrain du général Richter

La 716e division en 1944 et le Jour J

En cette année 1944, les effectifs sont réduits... Le 6 juin, le poste de commandement est en effervescence.

 

En 1944, la division ne compte plus que 7 771 hommes, essentiellement des convalescents, de jeunes recrues et des hommes âgés provenant de la levée des bans de l’arrière-garde. Comme dans la plupart des divisions statiques, chaque régiment a été amputé d’un bataillon pour combler les pertes subies à l’Est. Si les soldats ont une parfaite connaissance du secteur, beaucoup n’ont aucune expérience des combats. Richter dispose de deux régiments d’infanterie, d’un fort régiment d’artillerie, d’une compagnie antichars et de trois bataillons d’Osttruppen (auxiliaires de l’Europe de l’Est au sein de l’armée allemande). En mars 1944, l’arrivée en renfort de la 352e DI permet de réduire le secteur côtier défendu par la 716e. Mais de l’aveu même du commandant de la division, le système défensif n’est pas suffisant pour repousser un assaut massif.

Le 6 juin, à 0h40, le général Richter est informé par téléphone de la présence de parachutistes et de planeurs à l’Est de l’Orne, dans le secteur de Ranville. La batterie de Merville est prise d’assaut. Il est persuadé qu’il s’agit du début de l’invasion et met sa division en état d’alerte. Des éléments de la 21e division blindée allemande contreattaquent en direction de Bénouville. À deux heures du matin, l’aviation alliée commence à bombarder les points d’appui et les batteries côtières. Cinq heures plus tard, les premières vagues d’assaut débarquent. Les troupes anglo-canadiennes font tomber les positions tenues par la 716e division et s’infiltrent entre Bayeux et Caen. Le général Marcks, commandant le 84e corps d’armées, quitte Saint-Lô pour Caen afin d’organiser une contre-attaque depuis le PC de Richter. Une colonne blindée atteint la côte à Luc-sur-Mer dans la soirée, puis se retire, craignant d’être prise à revers. La 716e division a perdu 3 000 hommes en une seule journée. Caen, qui devait tomber aux mains des Alliés le soir même, ne sera entièrement libérée que le 19 juillet 1944, après de terribles bombardements alliés.