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Berlin au coeur de la Guerre froide

Berlin : la ville des espions et la guerre des ondes

Berlin-Ouest devient un haut lieu d'espionnage, et la radio est utilisée de part et d'autre pour diffuser les valeurs des deux blocs.

Berlin, dès l’après-guerre, se transforme en plaque tournante pour les services d’espionnage de l’Est et de l’Ouest. La situation particulière de Berlin-Ouest, petit territoire isolé en plein pays communiste et occupé par des militaires de trois pays (France, Royaume-Uni, États-Unis), favorise le développement des activités occidentales de renseignement et d’écoute. Les espions du bloc soviétique eux aussi ont largement profité de cette proximité lors de nombreuses missions.

L’imaginaire à l’Ouest s’est emparé de ce climat de tension très particulier, qui a notamment inspiré le romancier John Le Carré (L’Espion qui venait du froid). D’autre part, le « Pont des Espions » (Glienicker Brücke), checkpoint qui a servi pendant la Guerre froide de lieu d’échange d’agents secrets entre les deux blocs, apparaît dans de nombreux films d’espionnage.

Vitrine économique et culturelle, Berlin-Ouest diffuse également les valeurs occidentales par la radio, avec par exemple la RIAS (Radio In American Sector) très écoutée à l’Est, autant pour ses informations que pour la liberté de son programme musical. Les autorités est-allemandes ne se faisaient pas beaucoup d’illusion sur l’impact de leurs programmes à l’Ouest. Elles n’en narguaient pas moins le camp occidental, grâce au plus haut monument de tout Berlin, la tour de télévision (Berliner Fernsehturm) qui servait aussi d’antenne radio. Sa construction avait débuté en 1965 au cœur de la ville.