Les sociétés face à la guerre

En pénétrant dans la salle traitant des « sociétés face à la guerre », nous pouvons découvrir sur sa partie droite une large présentation sur la vie et la mort des soldats ; à gauche, une grande vitrine sur les résistants, ces soldats sans uniformes ; et face à vous, au centre, un espace clos et « intime » évoquant la vie des civils pris dans la tourmente de la guerre.
Rendre compte de la manière avec laquelle les hommes – civils et militaires – ont vécu, ont cohabité, et ont perçu ces années de guerre, telle est l’ambition affichée de cette quatrième salle, même s’ il est bien difficile de fixer les contours d’une image qui rassemblerait les caractéristiques essentielles des sociétés face à la guerre, tant les comportements furent multiples entre résistance, collaboration, attentisme, accommodation, indifférence…
Cette salle est donc conçue en trois sous-espaces. Mais avant tout, nous pouvons, parce que la guerre se joue évidemment d’abord sur les champs de bataille, nous rendre directement sur notre gauche, au pied d’impressionnants véhicules militaires ; engins de mort aujourd’hui figés, comme le blindé américain Sherman ou les Orgues de Staline qui on effrayé les armées allemandes.
Les Résistances
On le sait aujourd’hui, la vie clandestine et la Résistance armée sont les formes les plus abouties du refus, les plus héroïques, mais également les plus lourdes de risques. Réduire le refus de l’occupant à cette unique Résistance armée donne une vision déformée de la réalité, comme on ne peut pas tout ramener au seul affrontement entre résistants et collaborateurs. Il y a de multiples façons de résister : la guérilla, le sabotage, mais aussi la parole subversive, la presse clandestine, la résistance spirituelle, le sauvetage des persécutés, l’aide aux proscrits qui appartiennent à ce qui est généralement appelé la Résistance civile. Les objets placés en vitrine, comme la guitare d’Anna Marly, « chantre » de la Résistance témoignent de la multiplicité des formes de résistance durant l’Occupation.
Le film central qui vous est proposé dans cette salle reprend une interview inédite de l’historien Pierre Laborie, auteur des textes de ce nouveau parcours. Il y aborde la complexité des comportements des Français sous l’Occupation allemande, tout en nous invitant à dépasser des clichés fortement enracinés notamment celui d’une France d’un côté résistante et de l’autre « collabo », nous rappelant au passage que le travail de l’historien est aussi compliqué qu’essentiel dans cette analyse du passé.

La part de l’intime
En franchissant les cloisons de l’espace central et lumineux, vous pénétrez dans l’univers intime des civils pris dans la guerre : celui fait de séparations obligées, de conditions d’existence et de survie extrêmes, d’un quotidien aux côtés des occupants, celui de la clandestinité, autant de situations qui ont bouleversé la vie de famille, du couple et les relations amoureuses, parfois jusqu’au drame. Mais malgré tout, en dépit des privations, des souffrances et des tragédies, la vie continue avec ses contrastes, ses loisirs et ses relations intimes. Le film sur les loisirs en France sous l’Occupation traduit en partie cette volonté forte de survie.
Vie et mort du soldat
Le troisième et dernier thème abordé dans cette salle est celui de la condition du soldat et de son dilemme face à la mort : tuer pour ne pas être tué. Aucune armée n’est sortie indemne des affrontements de la guerre totale et l’extrême diversité des situations vécues par les soldats, où qu’ils soient – prisonniers de guerre exécutés, unités délibérément sacrifiées, assassinats massifs de populations civiles sans défense… - interdit des considérations d’ordre général. Les deux grandes vitrines murales des uniformes ainsi que les lutrins contenant des objets et des documents personnels de soldats évoquent le sort des hommes – et des femmes – qui ont revêtu, de gré ou de force, l’uniforme militaire pour combattre sur tous les théâtres d’opération du conflit.
Les films à voir
Les comportements des Français sous l’Occupation Iinterview de l’historien Pierre Laborie Les actualités françaises de l’époque sur les loisirs pendant l’Occupation
Les objets emblématiques
L’ « Affiche Rouge » dénonçant le groupe FTP MOI Manouchian du 21 février 1944 La guitare d’Anna Marly, la « voix » résistante du Chant des Partisans L’uniforme britannique de Jacqueline Simon Moncorgé, engagée volontaire dans les Forces Françaises Libres La croix de tombe allemande d’un soldat tué en 1940
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