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Berlin au coeur de la Guerre froide

La Guerre froide

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Berlin au coeur de la Guerre froide

La partition de Berlin en deux zones d’influence, de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la chute du Mur en 1989, est incontestablement l’un des symboles les plus marquants de la Guerre froide.

De l’Allemagne occupée à l’Allemagne divisée

La frise chronologique sur le mur de droite illustre le basculement de l’Allemagne, la Seconde Guerre mondiale à peine terminée, dans une période d’antagonismes est-ouest. La conquête simultanée de l’Allemagne par les troupes soviétiques et anglo-américaines, qui assurent leur

jonction à Torgau en avril 1945, est à l’origine de la division de ce pays durant la Guerre froide. Berlin paye très cher le prix de la guerre : faute de main-d’oeuvre masculine, les femmes sont réquisitionnées pour déblayer les ruines de la ville.

Le froid et la faim tourmentent les habitants. Le Plan Marshall proposé par les États-Unis vient mettre fin à ces difficultés, mais accentue la division provoquée par les secteurs d’occupation : l’unité de Berlin n’est plus qu’une fiction. En Europe, les régions occupées rejoignent peu à peu un camp idéologique : deux blocs se constituent.

Du blocus au Mur de Berlin

Le blocus de la partie ouest de la ville par les Soviétiques, en 1948, est la première grande crise de la Guerre froide. Il faut toute l’ingéniosité du pont aérien mis en place par les Occidentaux pour en venir à bout. La création des deux Allemagnes en 1949 transforme les secteurs de Berlin en deux vitrines : selon les idéologies, celle du « Monde libre » d’un côté, celle du « Monde antifasciste » de l’autre. Mais la vitrine occidentale paraît plus accueillante : de nombreux Berlinois de l’Est viennent s’y réfugier.

La construction du Mur de Berlin

Pour enrayer l'émigration massive des Allemands de l'Est vers les quartiers ouest de la ville, les autorités de la RDA érigent un rideau de fils de fer barbelés entre Berlin Est et Berlin Ouest dans la nuit du 12 au 13 août 1961.

Pour contrer cette hémorragie, les autorités est-allemandes construisent dans la nuit du 12 au 13 août 1961 ce qu’elles appellent « le rempart antifasciste », afin disent-elles de « protéger » leurs citoyens. Le Mur de Berlin baptisé par les Occidentaux le « Mur de la honte », d’abord simples parpaings surmontés de barbelés, se perfectionne au cours des années pour devenir un véritable système répressif, double mur entre lequel s’étend une zone de mort.

Surveiller

Le « système mur » est étroitement surveillé par les soldats de la RDA, du haut de leurs miradors ou lors des rondes en véhicule militaire. Ces jeunes hommes, avant leur prise de poste, subissent une période d’instruction très stricte voire brutale. Ils ont ordre de tirer sur tout fugitif, après sommation. Mais au-delà de la surveillance du mur, c’est la société est-allemande dans son entier qui est espionnée. La police politique du régime, la STASI (abréviation de « Sécurité de l’État » en allemand), met en place un système tentaculaire de renseignement et de répression.

Fuir et traverser

Fuir la RDA

Plus de 230 personnes ont été abattues par les Vopos (soldats est-allemands chargés de la sécurité) de 1961 à 1989, alors qu'elles tentaient de fuir « de l’autre côté du mur ».

Des dizaines de milliers d’Allemands de l’Est ont tenté de fuir « de l’autre côté du mur », malgré l’énorme risque que cela représentait. Plus de 230 personnes ont été abattues par les Vopos (soldats est-allemands chargés de la sécurité) de 1961 à 1989. Les tentatives de fuite ont pris toutes les formes imaginables : percement d’un tunnel, fuite en bateau (le mur par endroits prenait la forme d’une frontière fluviale), aménagement de cachettes dans le coffre des voitures… jusqu’au passage en montgolfière.

Toutefois, la majeure partie des évasions a eu lieu dans les premières années. Le mur était alors plus perméable, parfois réduit à des rouleaux de fils barbelés. Certains garde-frontières ont été alors tentés de fuir ou au moins de favoriser la fuite de leurs compatriotes : le 15 août 1961, la photo du saut spectaculaire du Vopo Conrad Schumann fera le tour du monde.

Berlin à l'heure de la Guerre froide

En 1949, Berlin-Est devient la capitale d’un régime qui fera figure de « meilleur élève » du bloc soviétique. Les dirigeants est-allemands peinent à redonner à la ville son lustre d’avant-guerre. La reconstruction est très lente. Néanmoins, dans les années 1960, fleurissent les constructions emblématiques du socialisme, articulées autour de l’Alexanderplatz, la « Place Rouge » est-allemande. Berlin-Ouest durant la Guerre froide se vide de ses habitants, en dépit des efforts pour soutenir et valoriser ce territoire enclavé. Malgré tout, la ville conserve jusqu’au bout son aspect extrêmement attirant, pôle avancé présentant le meilleur de la culture et du consumérisme occidentaux. La Philharmonie de Berlin et le KaDéWé (grand magasin de l’Ouest, temple de la consommation) en sont respectivement les symboles.

Berlin : la ville des espions

Berlin, dès l’après-guerre, se transforme en plaque tournante pour les services d’espionnage de l’Est et de l’Ouest. La situation particulière de Berlin-Ouest, petit territoire isolé en plein pays communiste et occupé par des militaires de trois pays (France, Royaume-Uni, États-Unis), favorise le développement des activités occidentales de renseignement et d’écoute. Les espions du bloc soviétique eux aussi ont largement profité de cette proximité lors de nombreuses missions.

L’imaginaire à l’Ouest s’est emparé de ce climat de tension très particulier, qui a notamment inspiré le romancier John Le Carré (L’Espion qui venait du froid). D’autre part, le « Pont des Espions » (Glienicker Brücke), checkpoint qui a servi pendant la Guerre froide de lieu d’échange d’agents secrets entre les deux blocs, apparaît dans de nombreux films d’espionnage.

La guerre des ondes

Vitrine économique et culturelle, Berlin-Ouest diffuse également les valeurs occidentales par la radio, avec par exemple la RIAS (Radio In American Sector) très écoutée à l’Est, autant pour ses informations que pour la liberté de son programme musical. Les autorités est-allemandes ne se faisaient pas beaucoup d’illusion sur l’impact de leurs programmes à l’Ouest. Elles n’en narguaient pas moins le camp occidental, grâce au plus haut monument de tout Berlin, la tour de télévision (Berliner Fernsehturm) qui servait aussi d’antenne radio. Sa construction avait débuté en 1965 au cœur de la ville.

Le Mur de Berlin tombe

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, le Mur de Berlin, après avoir déchiré la ville et séparé des familles durant 38 ans, tombe enfin sous la pression populaire. Les deux pans du Mur présentés dans cette salle permettent d’en mesurer les proportions : à son sommet (3,60 m) culmine un tuyau en ciment pour empêcher toute tentative de fuite par accrochage de grappins. Peints peu après la chute du Mur côté Est par l’artiste Manfred Butzman, ces pans de béton ont été sauvegardés lors du démantèlement. Le badigeon appliqué par la police est-allemande n’ayant pas résisté aux intempéries, la fresque est par bonheur réapparue. L’artiste a représenté des lapins, très présents dans le no man’s land du « système Mur », pour symboliser le sort des fugitifs (« se faire tirer dessus comme des lapins ») et plus largement pour en faire un symbole de liberté et de paix. La formule « Hase bleibt Hase », « Lapin pour toujours », prône une révolution pacifique.

Après la chute du Mur et la dépénalisation du passage à l’Ouest par les autorités de la RDA, des files interminables de Trabant se sont pressées vers la frontière. La voiture par laquelle le régime socialiste entendait symboliser sa réussite a finalement servi de vecteur à la liberté.