Expositions temporaires

1886 - 1945, Dessins assassins ou la corrosion antisémite en Europe

Collection privée Arthur Langerman
À découvrir jusqu'au 22 avril 2018

Découvrez l'article de Télérama à propos de l'exposition.

Arthur Langerman

Arthur Langerman, collectionneur de documents sur l’antisémitisme est né en 1942 à Anvers. En mars 1944, sa famille est déportée à Auschwitz. Après la guerre, il retrouvera sa mère.

Comme beaucoup de ses contemporains, il prend la mesure de l’horreur de la Shoah en 1961, avec le procès Eichmann. C’est à partir de ce moment qu’il rassemble un fonds de plus de 7000 documents, affiches, journaux ou objets antisémites.

1886 - 1945, Dessins assassins ou la corrosion antisémite en Europe

Cette exposition présente une partie de ce fonds exceptionnel - à découvrir jusqu'au 22 avril 2018

Plus de 120 documents et objets - affiches françaises, allemandes, russes, ukrainiennes, hongroises ; cartes postales ; Unes de presse ; livres pour adultes ou enfants ; journaux, tracts sont exposés afin de comprendre comment s’est structuré, à partir de Drumont, l’antisémitisme qui a conduit l’Europe à la Shoah.

L'accès à l'exposition est compris dans le billet d'entrée du Mémorial.
5€/personne pour visiter uniquement l'exposition temporaire.

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Découvrez le catalogue officiel de l'exposition

Le catalogue officiel de l’exposition « DESSINS ASSASSINS OU LA CORROSION ANTISÉMITE EN EUROPE (1886-1945) », est disponible => ICI

Catalogue de l'exposition 2017-2018 : "Dessins assassins ou la corrosion antisémite"

« L’image antijuive fonctionne comme un miroir : l’antisémite accuse en fait sa cible de ses propres ambitions, de sa propre barbarie : alors que les nazis veulent conquérir l’Europe, la propagande se focalise sur le “Juif monde” ; alors que les nazis exterminent les Juifs, ils sont décrits comme voulant détruire l’Allemagne et la civilisation ; alors que les nazis spolient et exproprient les Juifs, le dessinateur prête aux Juifs une richesse et une puissance inégalées ; alors que les nazis assassinent les Juifs, l’image antisémite les montre on ne peut plus vivants… Les images antisémites ne parlent pas des Juifs, mais de ce que sont les antisémites eux-mêmes, de leurs trois grandes obsessions : le pouvoir, l’argent et l’identité (la race). Dans cette période de guerre, la barbarisation graphique du visage du juif imaginaire traduit cette radicalisation de l’antisémitisme vers la totale déshumanisation des Juifs, vers son absolue négation. » G. D.

Ce livre est publié à l’initiative du Mémorial de Caen et a été coordonné par son directeur général, Stéphane Grimaldi, et Guillaume Doizy, historien de la caricature. Il est le produit de la collaboration de plusieurs historiens avec Arthur Langerman, soucieux de faire connaître sa collection, unique au monde.

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L'histoire de l'antisémitisme en Europe

Cette exposition est une dénonciation de la corrosion sociale antisémite. Cette dénonciation porte sur la période qui va de Drumont - La France juive, publié en 1886 - à 1945.

1880 - 1920 : l'image antisémite en gestation

À la fin du 19e siècle, dans de nombreux pays d’Europe ressurgit la haine antisémite. Nourri de l’antijudaïsme chrétien traditionnel, l’antisémitisme moderne répond à une situation nouvelle : la généralisation du suffrage universel et du parlementarisme impose dorénavant de gagner les faveurs de l’opinion publique pour contester efficacement le pouvoir.

En cette période de crise économique, de montée des nationalismes et de remise en cause des valeurs traditionnelles, les juifs deviennent une cible idéale : présents dans tous les pays, à tous les échelons de la société, capables d’assimilation et de réussites brillantes mais, sans État pour les défendre, ils apparaissent comme faibles et forts à la fois, liés à l’étranger et donc antipatriotes.

L’antisémitisme, qui se diffuse principalement à droite et à l’extrême-droite de l’échiquier politique, prétend avec Drumont se doter d’une base scientifique, fondant le rejet des juifs sur une présumée différence raciale.

1920 - 1939 : l’image antisémite, des partis jusqu’au pouvoir

L’antisémitisme sort revigoré de la guerre, accompagnant après 1917 l’anticommunisme qui suit la vague révolutionnaire européenne. À côté de la production marchande émerge un nouveau type d’usage de l’image, instrumentalisée dorénavant par des partis structurés et puissants. Alors que jusque-là seuls les citoyens intéressés consommaient les images politiques, dorénavant, au travers de l’action militante, c’est la population dans son ensemble qui est visée.

Dans Mein Kampf (1925), Hitler accorde une place centrale à la propagande qui doit valoriser les mythes fondateurs et les valeurs constitutives du "peuple éternel", mais aussi diffuser la haine des adversaires (juifs, communistes, libéraux).

L’individu doit pouvoir s’identifier à ce peuple idéal ;  la propagande « raciale » visant à souder la Nation, en masquant les différences sociales.

1939 - 1945 : l'image antisémite, de la guerre au génocide

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. Le 3, la France, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande déclarent la guerre à l’Allemagne. L’entrée en guerre de nombreuses puissances, dont l’URSS en juin 1941 puis les États-Unis en décembre, donne une dimension planétaire au conflit, dont la responsabilité incombe aux seuls juifs selon Hitler et sa "prophétie".

Les nazis ne se contentent plus d’une politique violente de ségrégation, de spoliation et d’émigration forcée des juifs vers l’Est de l’Europe dans des ghettos surpeuplés et insalubres ; il s’agit dorénavant de les exterminer. À partir de juin 1941 et l’entrée en guerre contre l’URSS (opération Barbarossa), la propagande se focalise sur un juif "ploutocratique" (c’est-à-dire allié, capitaliste et occidental) et "bolchevique" (c’est-à-dire slave et soviétique).

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