
John Young |
![]() © Stephan Gladieu/Le Figaro Magazine |
John Young n’a jamais quitté la NASA. Depuis quarante ans, il n’a que très rarement raté le briefing hebdomadaire des astronautes. Il tient bon parce qu’il a un objectif en tête, un seul, mais quasi obsessionnel : « A chaque fois que je regarde la Lune, je me demande : pourquoi nous n’y retournons pas ? Il faut industrialiser la Lune. Cela révolutionnera la manière dont nous vivons sur la Terre. Nous y produirons de l’énergie électrique ». Un simple « Pourquoi ? » suffit à l’agacer prodigieusement : « Cela va aller de plus en plus mal avec le réchauffement climatique, les volcans, les météorites et la surpopulation. Et nous restons là, assis à attendre que cela aille mieux ! Il faut retrouver notre créativité technologique. Les rochers de la Lune contiennent de l’oxygène, on peut en extraire et donc séjourner longtemps là-haut. Nous pourrions installer des colonies de 2 ou 3000 personnes. Il sera temps ensuite d’aller sur Mars, mais cela reste une option académique ».
John Young parcours les Etats-Unis et intervient partout où il le peut pour convaincre les investisseurs de financer un vrai programme lunaire : « Cela coûte très cher, mais cela redonnerait de l’énergie à l’Amérique et sauverait nos enfants et petits-enfants. Mais l’espace n’est plus à la mode et il est fort probable que cette fois les Chinois seront les premiers sur la Lune… ».
Texte d'Isabelle Fougère