Buzz Aldrin

« Vers l’infini, et même au-delà »

Diplômé de l’Académie de West Point et Docteur en Astronautique, Buzz Aldrin a effectué deux vols spatiaux. Il a participé en 1966 au dernier vol du programme Gemini avant de devenir, en juillet 1969, le deuxième homme à marcher sur la Lune, quelques minutes après Neil Armstrong.

« Ce sont mes toutes premières secondes sur la Lune dont je me souviens. Elles ont été les plus intenses de toute ma vie. Après les immenses difficultés que nous avions rencontrées pour alunir, j’ai enfin été en mesure de prononcer les mots que j’attendais depuis si longtemps : « contact wright, engine stop », « moteur arrêté ». Neil Armstrong m’a regardé. Il m’a tapé sur l’épaule. Nous nous sommes serré la main ».

De tous les marcheurs de la Lune, Buzz Aldrin est le plus médiatique et le plus infatigable. Il y a quelques mois, il posait devant l’objectif d’Annie Leibovitz pour une campagne publicitaire Louis Vuitton. Cette année encore, à 79 ans, il accompagnera une expédition du Club des Explorateurs au Pôle Sud. Depuis qu’il est redescendu de notre satellite, il n’a cessé de se poser des défis : dessiner des fusées, explorer le Titanic, le Pôle Nord, écrire des livres*, lancer le tourisme spatial… Dans son grand appartement de Beverly Hills, équipé d’une multitude d’ordinateurs, il communique aux quatre coins de la planète et collectionne les projets. Avec la complicité de son épouse qui le suit partout et d’une assistante toujours sur le pont, il mène une vie trépidante. Pourtant, ce mouvement perpétuel ne l’a pas pour autant « guéri » de la Lune. D’ailleurs est-ce possible ? Comment oublier quand on a vécu le plus incroyable des voyages ? Buzz Aldrin a souffert toute sa vie d’avoir été le deuxième à mettre le pied sur la Lune. Il a suivi Neil Armstrong de seulement quelques minutes : « J’ai voulu sauter et j’ai raté mon coup. Mes genoux étaient couverts de poussière, on le voit sur toutes les photos ». Buzz Aldrin n’a pas été le premier à marcher sur la Lune, mais c’est lui qui figure sur toutes les photographies d’Apollo 11, puisque c’est Armstrong qui tenait l’appareil. Ce 20 juillet 1969, l’ancien pilote de l’Air Force voyait son rêve d’enfance se réaliser : « J’ai toujours su que la Lune était mon objectif. Mon père pilotait son propre avion pour la Standard Oil. A deux ans à peine, il m’emmenait voler dans son avion blanc peint d’un aigle. Et c’est l’Eagle, l’Aigle d’Apolo 11, qui nous emmenés sur la Lune beaucoup plus tard ! Mon père a toujours voulu que je sois le premier ».

 
© Stephan Gladieu/Le Figaro Magazine

De tous les marcheurs de la Lune, Buzz Aldrin est le plus médiatique et le plus infatigable. Il y a quelques mois, il posait devant l’objectif d’Annie Leibovitz pour une campagne publicitaire Louis Vuitton. Cette année encore, à 79 ans, il accompagnera une expédition du Club des Explorateurs au Pôle Sud. Depuis qu’il est redescendu de notre satellite, il n’a cessé de se poser des défis : dessiner des fusées, explorer le Titanic, le Pôle Nord, écrire des livres*, lancer le tourisme spatial… Dans son grand appartement de Beverly Hills, équipé d’une multitude d’ordinateurs, il communique aux quatre coins de la planète et collectionne les projets. Avec la complicité de son épouse qui le suit partout et d’une assistante toujours sur le pont, il mène une vie trépidante. Pourtant, ce mouvement perpétuel ne l’a pas pour autant « guéri » de la Lune. D’ailleurs est-ce possible ? Comment oublier quand on a vécu le plus incroyable des voyages ? Buzz Aldrin a souffert toute sa vie d’avoir été le deuxième à mettre le pied sur la Lune. Il a suivi Neil Armstrong de seulement quelques minutes : « J’ai voulu sauter et j’ai raté mon coup. Mes genoux étaient couverts de poussière, on le voit sur toutes les photos ». Buzz Aldrin n’a pas été le premier à marcher sur la Lune, mais c’est lui qui figure sur toutes les photographies d’Apollo 11, puisque c’est Armstrong qui tenait l’appareil. Ce 20 juillet 1969, l’ancien pilote de l’Air Force voyait son rêve d’enfance se réaliser : « J’ai toujours su que la Lune était mon objectif. Mon père pilotait son propre avion pour la Standard Oil. A deux ans à peine, il m’emmenait voler dans son avion blanc peint d’un aigle. Et c’est l’Eagle, l’Aigle d’Apolo 11, qui nous emmenés sur la Lune beaucoup plus tard ! Mon père a toujours voulu que je sois le premier ».

Préparés par des années intenses d’entraînement au grand voyage, les marcheurs de la Lune ne l’ont pas été au retour. Et la plupart en ont souffert, Buzz Aldrin tout particulièrement. Quarante années ont beau avoir passé, il reste toujours un fond de tristesse dans les yeux gouailleurs de l’ancien astronaute. « Oui, cela a été très difficile. D’ailleurs, j’ai intitulé ma biographie « Retour sur Terre », et non « Voyage sur la Lune »… Après la période d’euphorie, je me sentais mal. Je pensais que cela passerait une fois que j’aurais trouvé quoi faire de ma vie après la Lune. Mais il s’agissait d’une profonde dépression et je suis devenu alcoolique. La NASA m’a totalement laissé tomber, c’est l’armée qui m’a aidé à en sortir . J’ai commencé à bâtir mes propres projets, tout seul, et je suis fier aujourd’hui de toutes les expériences que j’ai vécues ».

Ardent défenseur de la conquête spatiale qui piétine depuis les années 1970, Buzz Aldrin a adressé un message au nouveau président des Etats-Unis. « La Chine sera sans doute en mesure de retourner sur la Lune deux ans avant les Américains. Si nous ne savons pas nous montrer visionnaires, nous resterons pendant tout ce siècle les éternels seconds des vol spatiaux habités… ».

Aujourd’hui, Buzz Aldrin puise son étonnante énergie chez les enfants et la jeunesse. Il vient de terminer un ouvrage à leur intention. « Je veux leur dire que désormais, la Terre n’est plus notre unique perspective. C’est à eux de réussir les premiers pas sur Mars et dans d’autres mondes encore qu’ils exploreront. Ils doivent regarder vers l’infini et même au-delà, ne jamais se limiter dans leurs projets. Qu’ils aillent sur Vénus, vers les anneaux de Saturne, sur la Lune de Jupiter ! Qu’ils aillent au-delà de ce que leurs yeux peuvent voir, aussi loin que leurs rêves les portent ».

* Dernier ouvrage paru en juin aux USA : A magnificent desolation (Editions Harmony)

Texte d'Isabelle Fougère