Après les espaces dédiés à l’histoire du XX
e siècle, enjeu de mémoire, le Mémorial propose
un enjeu d’action : un parcours sur l’éducation
à la paix et une mise en perspective du monde
d’aujourd’hui. En introduction à ces espaces est
présenté un fac-similé du plus ancien traité de paix de l’histoire de l’humanité, pour montrer que les efforts de paix sont aussi anciens que la guerre.
La paix a une histoire
Le traité de paix égypto-hittite, le premier connu
de ce type, signé au XIIIe siècle av. J.-C. par Ramsès II et un souverain hittite, Hattousil, surprend par son étonnante modernité. Il contient en germes de nombreux développements du droit international d’aujourd’hui : pacte de non-agression, traité de défense commune, clauses humanitaires relatives à l’extradition des ressortissants des deux pays. Pour la première fois les deux versions du traité sont présentées au public : une tablette d’argile (original au Musée archéologique d’Istanbul, Turquie) et un fragment de mur (original au temple de Karnak, Égypte) gravé en hiéroglyphes. Les deux royaumes sont alors les deux grands rivaux au Moyen-Orient. Ils convoitent les mêmes territoires, un couloir stratégique pour le commerce entre la Mésopotamie et la Méditerranée, et finissent par provoquer la première grande bataille de l’Antiquité, la Bataille
de Qadesh. Quinze ans après cette bataille qui
ne laisse ni gagnant ni perdant, ce traité promet
« paix belle » et « fraternité belle » entre les
souverains des deux pays.