> Bons baisers de Jules Verne en 2006 ... 

 

Copyright : AFP. Voici le Carnet de voyage Internet de "Bons baisers de Jules Verne" 

Un roman imaginaire en temps réel.
Imaginé et réalisé par Jean-Claude Meurisse
Avec Tristan Jeanne-Valès et Charly Venturini.

DALIAN
« Le Tango corse, c’est une sieste organisée….
Le tango corse, c’est un tango de salarié…. »

Le chanteur, installé sur la proue de son navire laqué de noir, délivre ses messages d’amour aux 450 camarades d’une chine un peu particulière…
La salle de concert se trouve au troisième étage d’un building, version New York, illuminée par des milliers de stalactites rouges et jaunes, que Baccarat ne pourrait reconnaître que dans sa version Hollywoodienne….Paysage de paradoxe, où les chinoiseries attendues sont encore une fois remisées au placard des convenances…

Bienvenue à Dalian, petite ville portuaire du nord-est chinois où les 6 millions d’habitants font figure de villageois dans ce pays où les Mégapoles fleurissent comme pouce de bambou et où les femmes infidèles sont aussi rares que les marins pissant comme ils boivent à la santé du premier amour conquis.
Pourtant quelque chose de différent se propage dans la découverte de cette cité du bout du monde. Et les « voyageurs fouineurs » que nous sommes, ne peuvent rester insensibles à ce parfum d’aventure. Une odeur suave et obsédante nous entraîne à travers les couloirs de cet hôtel un peu particulier. Ce n’est pas de la suanla tang (soupe chaude aigre), pas plus que des yuxiang rousi (lanières de viande à la sauce pimentée). Cela ne sent pas non plus les vers de mer aux algues ainsi que le crabe ivre, mais un fumet moins inconnu à nos narines…. Et cela semble impossible en cet endroit. Nous nous engouffrons dans les sous sols de l’hôtel et ce que nous imaginions avec peine prenait forme sous nos yeux ébahis.

Une taverne, façonnée munichoise s’étale devant nous… les Gretchens qui nous accueillent ont le visage et le teint des femmes du liaoning, et nous proposent sans sourciller saucisses de Strasbourg, travers de porc et bretzels. Maitre Paulaner surgit et nous accompagne. Il nous place avec courtoisie et élégance près des énormes Cuves de bronze d’où s’écouleront les bières rousses.
La surprise est de taille…. L’univers de Jules Verne nous rattrape. Les fables et histoires terribles surgissent de la bouche de notre guide Johann Kristoff. Et c’est ainsi que coincés entre les chaudrons alimentés de houblons, nous nous laissons bercer par les récits de la Chine antique revisitée par un esprit Alsaco-Mandchou.
Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’il nous confia qu’un moine tibétain serait enfermé dans une tour de pierre qu’il appelait « le phare du bout du monde ».

Notre âme dantesque, mâtinée « tintin et capitaine Haddock » ne fit qu’un tour. Il nous fallait le délivrer !!! L’aventure était himalayenne. Nous apprenions qu’il était originaire des « trois stupas », mais quelle stupeur !
Nous prenions rendez-vous, le soir même avec un personnage assez trouble. Nous le trouvâmes, Place du peuple, à minuit. Il se fît reconnaître assez facilement en jouant d’un instrument qu’on appelle dans cette contrée, « les orgues de Staline ». Il avait comme nom de guerre Miles des Vis, on le connaissait par ailleurs sous le pseudo de MC lénine.

La rencontre fut brève et instructive. Pour nous protéger de nos arrières, il nous avait prévu
une arme redoutable se chargeant au riz blanc, avec papillon rouge. Le rouge devait faire fuir toute tentative de révolte.

Il avait pensé également l’évasion du Moine. Et c’est ainsi qu il nous fit visiter un véhicule de l’espace, racheté à bon prix à quelques transfuges américains de Floride.
Nous reconnaissions cette chère fusée, bichonnée par Jules Verne dans son fabuleux roman « de la terre à la lune ». Nous allions de surprise en surprise !
Après un siège forcené de cette tour de pierre, nous pûmes enfin, au petit jour voir la face rieuse du moinillon.

Nous nous enquîmes de sa prochaine et rapide destination. Il nous avoua avec ferveur qu’il demanderait bien l’asile dans le monastère de Shaolin, haut lieu de formation de héros en devenir, voir Jet Li ainsi que Bruce du même nom.
Nous le conduisîmes avec hâte dans l’habitacle vernien en espérant que l’angle de la trajectoire, fut celle de shaolin, berceau de l’art martial.

Avant de se quitter, il nous remercia vivement en nous conseillant d’abandonner l’esprit belliqueux que nous pourrions avoir et de nous concentrer sur la voie royale de l’amour.
Pour nous dédommager, il nous fit présent de jumelles spéciales qui pourraient nous aider dans cette direction.

Et c’est ainsi qu’il prit congé et nous fit promettre d’aller sur le mont laohutan.



Nous nous mîmes en marche, plein d’ardeur. Sur le sol déjà, il nous avait tracé un cupidon, reconnaissable par son arme miraculeuse.

Nous poursuivîmes sans hésiter cette voie, empruntant avec humilité le sentier de la longue marche, mêlant nos pas aux milliers de pèlerins.

Une jeune fille voilée, très pudique nous fit remarquer un vol d’hirondelles, signe évident que nous étions sur la bonne route.

Enfin, au détour d’un sentier, nous apparut cette terre promise, ce Haut lieu de l’expérience unique qu’est la carte du tendre.
Et c’est ainsi que nous entrâmes dans un parc, où l’attraction n’avait rien de terrestre : balcons à roucoulades, balançoires enrubannées de fleurs plastifiées, cœurs de stuc pour envolées romantiques,

petites pagodes isolées issues de la mystique du love-life, tableaux de tous ordres rappelant l’univers de Hervé Villard, version « Capri, c’est fini », petit nid d’hirondelles pour accolades tendres...

et pour finir en apothéose, rencontre intime avec notre Eve primitive.

Et comme tout traqueur d’amour qui se respecte, nous la suivîmes sans hésiter…
Ne dit on pas que « l’amour rend aveugle » ?

<<Shangai| |à suivre >>