> Bons baisers de Jules Verne en 2006 ... 

 

Copyright : AFP. Voici le Carnet de voyage Internet de "Bons baisers de Jules Verne" 

Un roman imaginaire en temps réel.
Imaginé et réalisé par Jean-Claude Meurisse
Avec Tristan Jeanne-Valès et Charly Venturini.

KUALA LUMPUR

Au pays de l’Hévéa, du caoutchouc naturel, de la matière élastique sous toutes ses formes et pour tous les usages, notre voyage allait, dès la sortie de l’aéroport de Kuala, prendre un tournant.
Que dis-je, un virage, une chicane. Une chicane avec en son creux un roc, que dis-je, un pic, un cap, une péninsule !

Et c’est sur cet objet contendant que le pneu Dunlop sport 2000 SX croisé avant droit de notre aéronef finirait sa première vie malgré la conduite à gauche et sans faille de RasaSayang Solito 1er, leader incontesté des circuits F1 de KL.

Relevant le nez de cette impossible réparation inopinée, quelle ne fût pas notre surprise : Deux tours jumelles s’élançaient vers le ciel devant nos yeux.
Etait-ce l’effet d’une légère hypotension orthostatique, bien connue après une génuflexion prolongée ? Que nenni !
Deux Tours jumelles en chair et en os, les plus hautes de la planète, se prélassaient au cœur de ce pays musulman. Zeita-Jones et Connery sur les Petronas Towers avec leur Thriller furent-ils visionnaires ?



La beauté graphique émanant du végétal et de l’objet nous transporte.
« Nous utiliserons ces 2 tours comme observatoire à la recherche d’un Hévéa géant pour réparer notre pneu » dit l’un d’entre nous ; aussitôt dit aussitôt fait.

« La bas vers le nord-est, chez les Orangs Asli, peuple des « hommes du sol », vous trouverez le grand arbre ».

C’est Joe Rachimpicoldur qui vient de parler et ça fait marrer son pote Jadéjabu Descentapic.
« Vous prendrez la machine de fer, vous dormirez dans la grotte mais gardez toujours avec vous le grand fruit, la viande et la boisson de feu ».Voilà des indications claires et précises.

 

 

La boisson de feu est là juste à côté et en vente libre. La prudence des grands aventuriers nous fait lire la composition : Alcool à 90° et couille de taureau, en malais dans le texte. On goûte. Effectivement ça chauffe. Dur.

 



Allons finir les courses avec quelques fruits locaux genre,

 

Durians, Mangoustans, Duku et Nangka.

 

Puis on saute dans le premier monorail qui s’envole vers le grand nord dans des lumières féériques. Ca roule vite ! On dirait que le conducteur veut rentrer chez lui. Pourvu qu’il freine à temps. Ici ça n’est pas toujours le cas.

 

« Regarde, la grotte ! » C’est magnifique, grandiose. Kitch aussi. On dirait que cette statue immense nous dit stop.  

Tandis que certains descendent nous montons les 272 marches qui mènent au temple.

Nous ne devons pas être les seuls à avoir crevé. Les marches sont remplies d’accidentés du pneumatique.
Il faut savoir qu’en Malaisie il n’y a pas que des malais. D’ailleurs vous connaissez un pays étranger où il n’y a que des étrangers ? Non. Et bien la Malaisie c’est pareil. Ici 3 grands groupes cohabitent. Les malais-malais, les malais chinois et les malais indiens. Certains tiennent les rênes administratives, d’autres le commerce et d’autres enfin font le boulot de base et compte les points.

 

Nous sommes chez les Indiens. L’accueil est chaleureux, les visages sont beaux, c’est un signe.

« Si tu cherches les mystères de l’amour, de la vie, tout est là. La multitude des dieux est une image de ton chemin intérieur, il n’y a pas d’enseignement, c’est toi qui doit faire ta route». 

« Justement on est là pour ça. Là on fait une pause mais le pneu de RasaSayang Solito 1er notre roi est malheureusement crevé et nous partons dans la forêt trouver l’arbre caoutchouc pour faire la réparation ».  

 



« Nous avons fait une escale dans votre très belle grotte pour faire le piquenique mais…

 

le singe nous a volé toute notre nourriture. »
« Voici 2 animaux bien frais que vous pourrez déguster après la contemplation, les ablutions dans la rivière, la transe et la marche. C’est le rite de Thaipusam».

 

Nos ancêtres les gaulois ont omis de nous transmettre les règles culinaires pour ce gibier là. Quel dommage !

 

Nous reprenons la route ou plutôt la forêt, le ventre creux. Notre quête semble impossible. 

A l’heure de la sieste la relecture de Jules Verne est un bonheur.

Nous scrutons tous les arbres à la recherche d’une once de latex, découragés que nous sommes.

Quelques bruits mystérieux attirent notre attention et tel un steak SNCF caché sous sa frite, nous laissons émerger d’une feuille une infime partie de nos corps.
Là tout à coup, une horde sauvage, une tribu du « peuple de la jungle » bondit devant nos yeux avec des signes digitaux mystérieux.

L’Amok ! Merci Stefan Sweig de nous avoir appris à reconnaitre cette fureur guerrière spécifique à l’Asie du sud est.
A l’évidence le graal n’est pas loin. Leur chef nous présente la montre magique,

la fameuse montre du Papillon Blanc nous faisant comprendre qu’il nous reste 15 mn pour capturer la goutte de résine et après ouste, ils ne veulent plus nous voir.
D’ailleurs les trafiquants dans notre genre voilà ce qu’ils en font dans ce beau pays.

C’est écrit dessus et ça ne laisse aucun doute. Mais nous on cherche du latex et rien d’autre, qu’il n’y ait aucune confusion.
Il faut faire très vite. Ne sachant faire l’Orang Asli nous reprenons les bases de l’Orang outang.

Il faut trouver l’Arbre.
Le voilà, quel bonheur. Mais arriverons-nous à temps pour sauver notre roi de sa malédiction ? La malédiction de RasaSayang S1 ?

Horreur. L’arbre tourne sur lui-même. « L’alcool de feu ! vite ».

Miracle, nos forces décuplent et nous reprenons le contrôle.

La sorcière Hantu et ses deux acolytes semblent très déçus de constater l’inefficacité de leur malédiction.
Quant aux muses locales, leurs réactions varient :

du sourire joli, fier et amusé

à l’inquiétude un peu triste d’une Jane attendant son Tarzan.
Nous voilà de retour à Kuala et déjà les nouvelles vont vite.





Les musiciens venus de Kota Bahru nous appellent pour taper le bœuf et quelques percussions locales. Nos musiques se mélangent mais toujours pas de bœuf et on a faim.

Allez on va se taper un petit roti canai chez nos potes indiens, c’es toujours un délice accompagné d’un ginger tea.

Et puis c’est la ruée des médias ; Arrivant à joindre notre attachée de presse alors qu’elle passe devant le drapeau malais c’est toujours les mêmes mots : « On veut le récit de vos trois baroudeurs, c’est passionnant. »

« Bon, racontez nous votre exploit ! En évitant s’il vous plait de faire la moindre allusion politique ! » Ah les télévisions du monde !

Alors là tenez vous bien. Après tout ça, fidèles comme nous sommes, on sort de la télé avec notre petit pot de latex, on saute dans un taxi pour aller réparer le pneu de notre roi et quoi ? On se fait doubler par cette superbe voiture blanche

 

Au volant RasaSayang S1 avec sur la banquette arrière la bande de ses 6 princesses, cool. Et nous on fait quoi de notre latex ? Alors tout ça pour rien ? Et bien oui, et tant mieux. Si nous, simples saltimbanques, nous n’arrivions qu’à cela. Seulement faire que parfois les étoiles se remettent dans le bon sens.

Ombres de nous-mêmes dans la cage de verre de l’ascenseur extérieur du PanPacific, en toile de fond les deux Tours, on se prend une petite douche et hop sur scène pour chanter….l’AMOUR.

 

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