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Voici le Carnet de voyage Internet de "Bons baisers de Jules Verne"
Un roman imaginaire en temps réel.
Imaginé et réalisé par Jean-Claude Meurisse
Avec Tristan Jeanne-Valès et Charly Venturini.
LES TROIS ROYAUMES
Chang du
Il fut un temps lointain appelé « les trois royaumes ».
Quatre rivières s’écoulaient paresseusement entre d’infranchissables montagnes. Elles furent un havre de paix pour moult nationalistes. Les rivières se nommaient Shu, d’où l’expression aujourd’hui très usitée : « se prendre le chou ».
Du chou, effectivement allait naître le Tibet ainsi qu’une ville nommée Chang du, dans laquelle, nombre de musiciens allaient faire leur renommée.

Leurs Déesses, au nombre de quatre, demandaient allégeance, dans une profonde et religieuse prosternation.

Leur style très particulier sera « le chant doux », mêlant calligraphie et mélodie sirupeuse que l’on vénère par le biais d’un saint, surnommé « Le saint doux ou lama ».

Ainsi, prévoyant une retraite dorée, notre célèbre chat miaulant national qu’est « Johnny plein d’idées » n’a-t-il pas susurré ce fameux « chant doux » dans les années soixante : Da dou ron ron ? Il est vrai qu’ici l’an 1960 fut la grande année du chat.
« Chang du » s’ouvre devant nous, tel un livre magique. Thimothe (perle du commerce de la sainte alliance, » issu de l’école Gereluk-pa)

, est un disciple du très sage et du très mystérieux Dalai Sergio nommé « océan de Sagesse ».

Il se propose d’être notre guide à travers cette ville magique. Et c’est ainsi que nous traversons le temple des Chèvres (Qingyang gong), nous révélant le secret des huit trigrammes, reflétant les flux et reflux des énergies naturelles, combinant soixante quatre hexagrammes, formant le livre des mutations.

Illumination encore !
N’est il pas vrai qu’au Carrefour de l’occident, nous aussi, avons « muté » sans trop se le dire.
Nous mangeons, dormons, voyageons, nous nous habillons dans l’asiatique, sans trop le savoir …
Notre livre des transformations ne passerait il pas par le commerce du quotidien ?
Ne s’écrierait il pas à l’ombre des grands financiers sans scrupules, pas très loin de la planète Shangai-Pékin ?
Quand bien même la météo de l’économie nationale serait orageuse, Canton sous la pluie…. Discours sur la mondialisation incontournable et si pratique pour bon nombre de monde…..

La statue de Lao tseu nous réveille de nos méditations profondément perverses pour nous recentrer sur ce lieu spirituel par excellence. Et c’est vrai que la proximité des offrandes, des agenouillements, de la récitation des mantras et du petit livre rouge de mao nous révèle encore le long chemin des questions et des souffrances que le peuple tibétain doit parcourir pour sa propre libération.
Dans les allées du parc Renmin, s’étirent, dans une gestuelle lente et harmonieuse, un nombre infini de personnes. L’immobilité des postures renforce la sensation d’une rupture du temps. La forme de méditation appuie la douceur du souffle, nécessaire à la vie.
Mouvants, les corps se balancent tels des algues dans un courant indicible…

Le Matin, très tôt, la messe des corps rejoint celle de l’esprit. Ces praticiens, la plupart du temps faisant partie du troisième âge, nous troublent dans ce désir qu’ils ont de renouer avec les forces de la nature.

Avec les conseils très appuyés de notre instructeur, nous plongeons dans la pratique et le Style de la Grue Blanche.

Il nous faut pour cela, nous préparer, nous maquiller

Pour les drôles d’oiseaux que nous sommes, en quête d’amour sous toutes ses formes, nous ressortons surpris et consumés

Faire l’amour à la Grue est un art très chinois et j’avoue en toute humilité qu’il nous manque encore quelques heures de vol. N’est pas Grue qui veut !!!
Hardi les gars, point de défaitisme, les symboles sont présents pour tous ceux qui veulent bien les lire…..Le Double cœur brodé, façon gâteau de mariage flotte sur les lignes de lys et de roses

….. La porte s’entrouvre, le temple de Tara nous est offert !!!
Tara, émanation féminine de Avalokites, la libératrice, celle qui sauve des périls et protège des peurs est là, devant nous, à nous poser mille questions sur l’homme et la femme. Son protégé est courbé, sa tête ressemble à une défaite.

Elle veut absolument récupérer le texte inscrit sur le bambou que notre notre sérénissime Sergio, le lama, nous a confié

Texte sacré bien sûr, essayant de réunir ces deux forces essentielles du pays des trois royaumes : « la prise de chou et le coup de bambou »
. La présence de quelques enfants pose question. Nulle part ailleurs, nous avons ressenti l’extrême attention à ces petit êtres. L’enfant est l’être attendu, choyé, sa proximité est partout synonyme de sourire et tendresse. Il est véritablement précieux, d’autant plus qu’il est « rare ».
Et c’est ainsi que la chine s’éveille, dans les mégapoles que nous traversons, villes rêvées par les auteurs de Science-fiction. Les immenses Buildings-Ecrans plasma s’éteignent, laissant se reposer les futurs Big-Brother, plein de rêves dorés dans leur tête, songeant aux shows de la veille, sous les étoiles antiques du soleil levant.
Et dans la douceur du matin, un air lancinant au trombone se propage dans l’espace…
Une chanson désuète parlant de la fragilité du papillon et du fracas des tempêtes.

Une fois encore, Canton sous la pluie…….
<<WUHAN| |Canton>>
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