Après la dislocation de l'Union Soviétique, la Tchétchénie a été la seule ancienne république du Caucase du Nord à se déclarer indépendante (en novembre 1991). Si Moscou a d'abord essayé de déstabiliser le président tchétchène en soutenant des clans opposés, elle tente un coup de force en 1994 en envoyant l'armée, qui dévaste Grozny la capitale et va s'embourber jusqu'aux accords de 1996, qui consacrent le retrait russe. La Tchétchénie sort exsangue de la guerre.
Depuis 1999 c'est la reprise du conflit. Moscou souhaite être définitivement maître de la région. Il est vrai que les enjeux pétroliers entre les deux guerres se sont considérablement accrus : on sait désormais que la Caspienne renferme les troisième ou quatrième réserves mondiales en hydrocarbures. La Tchétchénie se retrouve au cour d'un région hautement stratégique pour ce qui est de leur acheminement. Le nouvel olédouc qui relie l'énorme gisement de Tenguiz (Kazakhstan) à la Mer Noire passe non loin au Nord. Celui qui vient d'Azerbaïdjan traverse la Tchétchénie. Pour Moscou il s'agit donc de stabiliser toute une région, pour assurer un apport en devises (taxes douanières sur l'acheminement du brut) et le transport du pétrole kazakh, en grande partie contrôlé par des entreprises russes.
La lutte douloureuse des Tchétchènes face à l'expansionnisme russe, depuis le XIXe siècle (c'est l'un des derniers peuples envahis par l'Empire russe), est loin d'être close.
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