La découverte de gisements pétroliers dans le Sud-est du pays à la fin des années 1960, à l'origine de la guerre du Biafra (plus d'1 million de morts), n'a pas entraîné le développement espéré. Au contraire, c'est plutôt d'une triple déstabilisation (politique, sociale, économique) dont il faut faire état aujourd'hui.
Le pétrole occupe l'ensemble du champ économique, au détriment d'un développement harmonieux. Les énormes montants de la rente attirent la corruption, par manque d'une gestion sage, sur le long terme, et les populations des zones pétrolifères sont paradoxalement plus pauvres que dans le reste du pays. Les frustrations accumulées sont très intenses, renforcent le repli identitaire qui engendre, dans la région du delta du Niger, la création de mouvements séparatistes. Depuis la fin des années 1990, sabotages, vols de pétrole à partir d'oléoducs, occupation de sites d'exploitation et racket institutionnalisé des majors pétrolières sont affaires courantes. A cela s'ajoute la menace d'actions terroristes et de luttes de clans, risquant d'entraîner le pays dans une nouvelle guerre civile.