Quelles sont les réelles motivations des décideurs américains, lorsqu'ils déclenchent la guerre en Irak le 20 mars 2003 ? Intentions humanitaires, sécuritaires, ou buts moins avouables ? Si la guerre en Irak est difficilement réductible à une guerre pour le pétrole (les facteurs d'une guerre sont toujours multiples et les buts complexes), il serait pour le moins naïf de ne pas en discerner l'élément pétrolier.
De nombreux observateurs ont montré les liens qui unissent la classe politique américaine et les géants pétroliers : la famille Bush en a fait sa spécialité, mais aussi Dick Cheney ou Condoleeza Rice.
Pourtant, la sécurisation des sites pétroliers se heurte à de nombreux obstacles. Les actes de violence contre les installations, qui sont de plus en plus fréquents, empêchent encore maintenant l'Irak de retrouver sa production d'avant-guerre. D'autre part, le pétrole irakien est jusqu'à ce jour produit par une entreprise pétrolière nationale (la SOMO), issue des nationalisations de 1972. Privatiser trop vite le secteur pétrolier serait ressenti comme une dépossession par la population irakienne, déjà fortement malmenée. A ce jour les compagnies internationales hésitent encore à entrer en Irak, pour des raisons sécuritaires.
Les Etats-Unis comptent donc sur le long terme pour maîtriser la production. Il leur faudra également prendre en compte des travaux de modernisation. Peu à peu les géants pétroliers vont commencer à s'implanter, comme en témoigne la rencontre qui réunissait à Londres en juin dernier BP, Shell, Exxon Mobil, Halliburton et des officiels du ministère du pétrole irakien.