L’Azerbaïdjan d’aujourd’hui inscrit sa politique entre les deux grands d’hier. La balance penche nettement du côté du camp américain, à partir de la signature en 1994 de ce qui a été qualifié de « contrat du siècle », entre le gouvernement de ce pays et un consortium de compagnies pétrolières internationales. Depuis des projets d’oléoducs ont vu le jour, le premier reliant Bakou à la Mer Noire par la Géorgie, le second (ouvert depuis mai 2005) menant directement à la Méditerranée en traversant l’intérieur de la Turquie. La route traditionnelle de l’or noir, qui passait par la Russie, est ainsi contournée et passe désormais par des pays alliés des Etats-Unis. La fureur de Moscou est à son comble, d’autant plus que ses propres projets d’oléoducs n’ont pas abouti.
Dans ce nouveau grand jeu que se livrent les deux grands d’hier pour le contrôle des ressources du Caucase et de l’Asie centrale, les populations ne risquent pas d’être gagnantes. Ici comme ailleurs le pétrole accroît les tensions, déjà vives comme dans la région du Haut Karabakh, que se disputent l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et près de laquelle passe le nouveau pipeline.
Un autre pays aurait pu tirer son épingle du jeu, l’Iran, par lequel pouvait transiter le pétrole de la Caspienne et du Kazakhstan. Là encore, la politique d’acheminement choisie par les Etats-Unis nourrit une grande frustration, au fur et à mesure que les bases militaires américaines s’implantent dans les régions limitrophes.
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