Coquelicot La couleur des larmes
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William Orpen, To the Unknown British Soldier Killed in France (Au soldat britannique inconnu mort en France), 1922-7, huile sur toile, 152,4 x 128,3 cm, Imperial War Museum, Londres (première version).

© Imperial War Museum.
 

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William Orpen, To the Unknown British Soldier Killed in France (Au soldat britannique inconnu mort en France), 1922-7, huile sur toile, 152,4 x 128,3 cm, Imperial War Museum, Londres (deuxième version).

© Imperial War Museum.

 
La mort
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97 - William Orpen

Après deux grandes toiles officielles, A Conference at the Quai d'Orsay (Une conférence au quai d'Orsay) et The Signing of the Peace in the Hall of Mirrors, Versailles (La signature de la paix dans la Galerie des Glaces, Versailles), Orpen entreprit une troisième, à la mémoire des morts de l'armée britannique. Dans un premier temps, il songea à réunir plusieurs portraits de disparus, puis les remplaça par un catafalque recouvert du drapeau, sur lequel un casque est posé. Du moins est-ce ce qui se voit aujourd'hui. Mais, initialement, Orpen avait placé de part et d'autre du cercueil deux soldats, torses nus, visages terrifiés, tenant en main leurs fusils. Deux anges tenaient au-dessus d'eux les extrémités d'une guirlande qui retombait sur le dallage taché. Les postures, les expressions, la nudité, l'ironie amère des symboles, quand la toile fut présentée au public, à l'automne 1923, suscitèrent des réactions très opposées. Elle fut désignée par les visiteurs comme l'oeuvre la plus remarquable de l'année, mais attaquée dans la presse au nom de la dignité et du bon goût. Pour finir, cinq ans plus tard, Orpen proposa de retoucher la toile, effaça les spectres, les chérubins et les guirlandes. Il ne restait plus alors qu'un symbole solennel, qui perdit dans la métamorphose l'essentiel de son intensité dénonciatrice.