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Percy Wyndham Lewis, A Canadian Gun-Pit (Une position d'artillerie canadienne), 1918, huile sur toile, 305 x 362 cm, National Gallery of Canada, Ottawa. Percy Wyndham Lewis, A Battery Shelled (Une batterie bombardée), 1919, huile sur toile, 182,8 x 317,8 cm, Imperial War Museum, Londres. |
37 38 3938 - Percy Wyndham Lewis On pourrait tenir les deux oeuvres pour deux moments d'un seul récit, en dépit de la différence des formats et de celle - moins accentuée - du style. Lewis (1882-1957), par sa formation, appartient au cubo-futurisme dans sa variante londonnienne, le vorticisme. Il est, avec le poète américain Ezra Pound, l'un des animateurs de la revue Blast et fait figure de chef de file du mouvement, ne serait-ce que pour ses prises de position provocantes et son goût de la polémique. En mars 1916, il s'engage dans l'artillerie. En mai 1917, il rencontre Orpen et, prenant paradoxalement modèle sur ce peintre dont l'art lui semble désuet, il obtient de devenir à son tour "peintre aux armées", auprès des troupes canadiennes, puis britanniques. Il se rend alors dans le secteur de Vimy, avant de transcrire ses observations en des formats monumentaux. Une position d'artillerie canadienne et Une batterie bombardée relèvent de cette entreprise singulière : Lewis y associe - au risque de dérouter - les stylisations géométriques du vorticisme à des éléments plus immédiatement figuratifs, proches du portrait par exemple. Les détails abondent dans la première, des tôles des abris aux mécanismes du canon, aux uniformes et aux filets de camouflage. La deuxième est plus elliptique : un groupe à gauche regarde, sans réaction, les ravages du bombardement cependant qu'un artilleur mort est enterré par ses camarades. Plus délibérément moderniste de ton, elle se fonde sur un langage plastique d'angles, de lignes, de ruptures d'échelle et de schématisation des silhouettes. Ces toiles apparaissent ainsi comme le produit de l'une des rares tentatives pour inventer une peinture moderne de la guerre. |